Olivier MELILLI, orfèvre et sculpteur

oeuvres de l'artiste Olivier MELILLI, orfèvre et sculpteur

Olivier MELILLI, orfèvre et sculpteur

À 30 ans, Oivier MELILLI exerce un métier lié à toutes les civilisations du monde : il est orfèvre et sculpteur. Il bat l'argent pour donner forme à des bijoux élégants, simplement beaux, faciles à porter.



Sa créativité et la maitrise de son métier lui promet des ouvertures vers le monde du luxe et de la mode. Mais il s'intéresse aussi design et au volume, à partir d'une feuille de métal, il crée des œuvres en volume aux formes libres et énergiques : masques, sculptures, mobiles, luminaires. 
À la qualité de l'artisan s'ajoute un artiste imaginatif qui crée en virtuose des formes pour nous faire rêver.

Diplôme supérieur de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués et de Métiers d’Art, Olivier de Serres - Paris.
Formation d'orfèvre et de forgeron au Royaume-Uni chez Pruden & Smith et avec Nigel Stenning, en Allemagne chez Micha Peteler.

Installé depuis 2010 à Roubaix, véritable laboratoire de création pour les jeunes artistes, il explore les ressources de l'acier, du cuivre, de l'argent... et interroge les liens entre la pensée et la main, entre le corps et l'espace.

1er juin-30 juin 2013 : Galerie Collégiale - Lille
1ère exposition personnelle dans une galerie.
28 mai 2020 : exposition des bijoux d'Olivier Melilli.


Ma visite chez OLIVIER MELILLI, par Elise HUDELLE.
Olivier Melilli se présente, sa première réflexion porte sur le volume, il se définit par l’amour du volume.
L’artiste résume son parcours, il insiste sur l’attention qu’il porte au matériau, il attache une importance particulière à la matière brute. Olivier Melilli a travaillé dans un atelier de métallurgie, cette expérience lui permet de lier un aspect technique avec un aspect créatif. Il hésite d’ailleurs entre la désignation « d’artiste » et « d’artisan », il lui semble impossible de séparer l’un de l’autre. Il me dit qu’il est surtout « quelqu’un qui a envie de faire des trucs et de raconter des choses ».
Grâce à un stage en Angleterre, il découvre un nouvel amour : celui de l’orfèvrerie, qui vient compléter sa réflexion autour du métal. Le créateur insiste d’ailleurs sur la pratique du « silversmithing », pour lui, ce mot se prête davantage à ses créations que le terme d’orfèvre. Il se dit « plus silversmither qu’orfèvre », ce qui trahit un long questionnement personnel sur son art, sur la définition de ses créations. À partir de cet apprentissage, il développe une large part de son travail en créant des bijoux.
Mais ces deux apprentissages ne s’excluent pas l’un l’autre. Lorsque je lui demande s’il différencie le travail d’orfèvre de celui de sculpteur, Olivier Melilli ne peut me répondre d’emblée. Puis, il affirme avec assurance qu’il pense ses œuvres comme une continuité : « Je pense mes bijoux comme des sculptures ». Il me dit d’ailleurs que ses colliers et ses bracelets sont des « sculptures corporelles ». Celles-ci questionnent le rapport entre le corps et le vide, se nourrissent par le volume et interagissent avec l’espace.
La dynamique d’ensemble de l’œuvre de l’orfèvre-sculpteur est, donc, l’amour des matériaux car « chaque matériaux raconte quelque chose ». Et c’est par une oreille -ou plutôt une main- attentive aux propriétés intrinsèques à chaque matériau qu’il parvient à créer des œuvres si subtiles, si complexes et si riches. Car il semble engager une réelle relation avec la matière, il faut « se battre avec le matériau ». Aussi, l’objet crée ne doit pas trahir le matériau de création. La fonction doit correspondre à la forme. Il résume cette démarche en affirmant : « ça sera plus efficace si on respecte les propriétés des matériaux ». La sensibilité, l’efficacité, l’inventivité et le respect semblent apparaître comme les maîtres-mots de la démarche créative d’Olivier Melilli.
Prenons par exemple les masques de l’artiste pour illustrer sa pensée. Avec des œuvres telles que L’oiseau ou Le coyote il rend compte de sa fascination pour les masques Inuits. Mais, me dit-il, il refuse l’aspect massif du bois. Par ce refus, il réaffirme son attachement au volume. Il travaille avec la ligne, la surface, le vide. Le but de l’artiste est de gagner en épure, de faire simple, de faire, surtout, efficace. Si l’efficacité est à ce point récurrente chez Olivier Melilli, c’est bien parce qu’il veut créer des œuvres puissantes, que l’œil peut lire.
L’attention portée à la puissance de l’œuvre prend source dans une vision panthéiste du monde. L’orfèvre-sculpteur souhaite que ses œuvres transmettent un sentiment : le sentiment de la nature, celui du sublime dont parlait déjà Victor Hugo en décrivant les faits naturels. Olivier Melilli veut lier la culture et la nature, l’homme et l’animal. « Les forêts sont mes églises » affirme-t-il.
La spiritualité de l’artiste est également perceptible dans ses Totems : des créations de très grande taille qui induisent un rapport physique à l’œuvre, grâce auxquelles « quelque chose de physique s’instaure ». Le spectateur se sent dépassé face aux Totems, il est minuscule, insignifiant, impuissant. C’est peut-être cette même émotion qui est offerte à l’artiste face à l’immensité des cimes des forêts : le sentiment du sublime et l’impression d’irrépressible sacralité.
Mais l’œuvre n’est pas la seule source de spiritualité. Le processus de création est, lui aussi, primordial pour créer le sentiment du sacré. Olivier Melilli m’informe qu’il réalise également des dessins, de très grands dessins. Ce support permet à l’artiste d’affirmer une liberté du geste qui lui procure un plaisir physique. Il considère que : « Lors de la création, on ne pense plus ». À l’instar de Jackson Pollock, il a une démarche presque chamanique qui permet une libération par le geste car : « avec le dessin, on peut se lâcher ».
Elise Hudelle pour la Galerie Collégiale-Lille.

1er juin-30 juin 2013 : Galerie Collégiale - Lille
1ère exposition personnelle dans une galerie.